Le cancer de l'œsophage est la quatrième cause de mortalité par cancer la plus fréquente au monde. Il est caractérisé par un développement rapide et un mauvais pronostic dans la plupart des cas. L'incidence du carcinome épidermoïde est en diminution depuis 20 ans tandis que la fréquence de l'adénocarcinome est en augmentation. Le but de notre travail est d'étudier le profil épidémiologique, clinique, endoscopique et histologique du cancer de l'œsophage.
Matériel et méthodes
Il s'agit d'une étude rétrospective comportant 35 cas de cancer de l'œsophage colligés au service de gastro-entérologie de Casablanca durant une période de 7 ans (janvier 2003 à novembre 2010). Une fibroscopie oesogastroduodénale (FOGD) avec biopsies a été réalisée chez tous nos patients.
Résultats
L'âge moyen était de 60 ans (29-84 ans) avec une prédominance masculine (sex-ratio=1.3). La consommation de tabac était retrouvée dans 51.7% des cas et la notion d'éthylisme dans 28.5% des cas. La consommation d'aliments chauds était retrouvée dans 5.7% des cas et l'injection de caustique dans 2.8% des cas. Le délai moyen de consultation était de 5 mois. La symptomatologie était dominée par une dysphagie dans 94.2% des cas, des vomissements dans 57.1% des cas, des épigastralgies dans 28.5% des cas et des régurgitations dans 17.1% des cas. La tumeur était localisée au tiers inférieur de l'œsophage dans 45.7%. Sur le plan endoscopique, l'aspect ulcéro-bourgeonnant était retrouvé dans 45.7% des cas. Le type histologique prédominant dans notre série était le carcinome épidermoïde, présent dans 80%. Le bilan d'extension a retrouvé un envahissement loco-régional dans 51.4% des cas, des métastases hépatiques dans 11.4% des cas, des métastases pulmonaires dans 8.5% des cas et une carcinomatose péritonéale dans 5.7% des cas. L'association à d'autres cancers notamment ORL et trachéo-bronchique était retrouvée dans 17.1%. Le traitement a consisté à une radiothérapie et/ou chimiothérapie dans 62.8% des cas associé à une jéjunostomie ou gastrostomie dans 28.5% des cas.
Conclusion
Le pronostic du cancer de l'œsophage est mauvais avec une survie à 5 ans de 10 %. La prévention de ce cancer repose sur le diagnostic précoce et la surveillance des lésions pré-cancéreuses (endobrachyoesophage, sténose caustique...) ; l'attention doit porter également sur les facteurs de risques modifiables tels que l'alcool et le tabac.
