Le traitement de référence de l'hépatite chronique C repose actuellement sur l'association interféron pégylé et ribavirine. Ce traitement est pourvoyeur d'effets secondaires notamment hématologiques qui peuvent être à l'origine de l'arrêt du traitement.

Le but de cette étude était de déterminer la prévalence de la toxicité hématologique de la bithérapie pégylée et d'identifier les caractéristiques pré-thérapeutiques permettant de définir une population à haut risque de survenue d'anomalies hématologiques.

Patients et méthodes

Nous avons colligé tous les patients présentant une l'hépatite chronique C traités par interféron pégylé et ribavirine durant une période de 5 ans. Une numération formule sanguine était réalisée avant le traitement et mensuellement au cours du traitement pour tous les patients. Une anomalie hématologique était définie par la survenue d'une anémie, une leucopénie ou une thrombopénie de façon isolée ou en association.

Résultats

Trente patients ont été inclus (12 hommes et 18 femmes). L'âge moyen était de 43 ans. L'hémogramme initial était normal dans 76,6% des cas. Une anomalie hématologique était survenue chez 85% des patients. Il s'agissait d'une anémie dans 74% des cas. Le taux d'hémoglobine était inférieur à 8,5 g/dl chez 2 malades, nécessitant la réduction de posologie de la ribavirine. L'arrêt définitif de la bithérapie était nécessaire dans 1 cas. Une thrombopénie a été notée dans 82,6% des cas. Une réduction de la dose d'interféron était faite chez 1 patient. Une leucopénie était retrouvée dans 69,5% des cas. La réduction de la dose d'interféron n'était pas nécessaire. L'analyse univariée n'a pas mis en évidence de facteur prédictif de survenue d'effets indésirables hématologiques.

Conclusion

Dans cette étude, les effets secondaires hématologiques étaient retrouvés chez environ 4/5 des patients nécessitant une réduction des doses ou un arrêt du traitement d'où l'importance de définir une population à haut risque afin de prévenir ces anomalies.

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