Objectifs

  • Définir les concepts compliance au traitement et réinfection de l’infection à Helicobacter pylori (Hp). 
  • Dégager les moyens qui permettent d’améliorer la compliance et comparer les résultats des études sur la réinfection entre les pays développés et les pays en développement

Méthode

Revue de la littérature des dix dernières années

Résultats

L’infection à Hp est l’affection la plus répandue au monde. Sa prévalence varie en fonction des pays, de l’âge, de l’origine ethnique et des conditions socio-économiques. Le traitement de cette affection a fait l’objet de plusieurs consensus internationaux, dont le dernier en date est le consensus Maastricht 4. Aucun schéma thérapeutique n’est satisfaisant à 100%. Le succès thérapeutique dépend essentiellement de la résistance aux antibiotiques et de la compliance au traitement.

La compliance est difficile à mesurer objectivement, elle a fait l’objet de peu de publications particulièrement en Afrique. Elle est directement liée à la complexité du traitement, sa durée, son efficacité, ses effets indésirables, à la motivation du thérapeute et aux informations données au patient. A cet égard, les études contrôlées publiées montrent une différence significative avec celles observées dans la vraie vie. La compliance semble être identique tant dans les pays développés que dans les pays en développement. L’amélioration de la compliance passe par des actions auprès du patient mais aussi du thérapeute, entre autre la motivation du médecin, sa connaissance des guidelines, l’éducation du patient, la prise en compte des effets indésirables et sa gestion, la réduction du nombre de comprimés à prendre, l’intérêt du traitement et la prévention des récidives symptomatiques et du cancer gastrique.

La réinfection peut intervenir après éradication de l’infection à Hp. Elle est difficile à différencier de la récidive et de la résurgence. La réinfection vraie est un indicateur de la force de l’infection dans la population, elle permet de fournir des informations sur l’immunité éventuelle de protection naturelle et permet aussi d’évaluer les tests de contrôle de l’infection. Elle est rare dans les pays développés (0.0-6.6%/an/patient) et plus fréquente dans les pays en développement (4.5-34%/an/patient). La prévalence de l’infection au Japon par exemple est élevée, mais la réinfection reste faible (0.8%/patient/an). La réinfection dans les pays émergents tend à se rapprocher des chiffres que l’on observe en Occident. Le risque de réinfection est inférieur à celui de l’infection primaire. La réaction immune est inefficace dans la prévention de la réinfection. Cette dernière est surtout féco-orale, mais aussi oro-orale dans les pays en développement, alors que le mode féco-orale est en disparition progressive dans les pays développés, du fait de l’amélioration des conditions d’hygiène essentiellement.

En conclusion

Plusieurs études confirment la variabilité de la réinfection vraie à Hp. Elle est plus importante dans les pays en développement par rapport aux pays développés, avec une grande variabilité au sein même des pays en développement. Elle est liée au mode de transmission de la bactérie, au statut social, au cadre de vie, à la profession, aux conditions d’hygiène essentiellement. La compliance par contre est identique car elle dépend surtout des facteurs subjectifs et objectifs mais aussi les informations données au patient.

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